Gérer un projet comme une course endurance

Virginie

Avant d’avoir moi même commencé à courir, je n’avais pas vraiment remarqué le nombre d’articles faisant le parallèle entre la gestion de projet et la course à pieds[1]. Depuis quelques années, la course devenant un sport de plus en plus prisé, beaucoup de gens y trouvent des similitudes avec leur vie professionnelle.

Moi aussi, j’ai pu découvrir que mes participations à des courses pouvaient s’approcher de la gestion de projets informatiques. Contrairement à beaucoup de posteurs, c’est plus les courses que trail que les marathons qui m’ont rappelé la vie professionnelle.

Ceux qui participent régulièrement des courses d’endurance en trail le savent : il est indispensable d’être bien préparé mais ça ne garantit pas de finir, et encore moins de finir dans les temps prévus.

En premier lieu, il faut bien évidemment avoir planifié la course / le projet, s’être fixé des objectifs et des jalons pour y arriver. Mais après cette phase de préparation, c’est les jour J, derrière la ligne de départ qu’il faut être prêt.


Quand le plan se déroule sans accroc 

 

C’est le cas idéal. Quand tout est bien planifié, que les prévisions sont réalistes et que la préparation a été bien faite, on a de bonnes probabilités d’atteindre les objectifs qu’on s’est fixé.

En course comme en entreprise, il faut savoir évaluer ce qui est faisable au plus juste : sans surévaluer sa capacité mais aussi sans être pessimiste. Ensuite, s’il n’y a pas d’imprévu, on peut atteindre ses objectifs avec serenité.

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(Ecotrail de Paris : objectif entre 9h et 10h -> temps réalisé 9h35)


Quand ça ne se passe pas comme dans le plan 

La planification ne peut se faire qu’en se basant sur des hypothèses sur l’environnement du projet (la météo pour la course et la disponibilité d’équipes tierce pour le projet par exemple).

En trail comme en entreprise, on va chercher à avoir une bonne gestion des risques et on aura donc prévu des moyens de contingence pour les problèmes les plus probables. Ainsi, en course on va prévoir un imperméable pour la pluie, des pansements en cas de petite blessure ou des pastilles énergétiques en cas de coup de mou. En gestion de projet, on va prévoir des experts en soutient en cas de blocage, serveurs de sauvegarde des données et développements en cours, de la communication intra-équipe pour ne pas être perdus en cas d’absence d’un membre.

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Mais on a beau prévoir les problèmes, il y a toujours des surprises qui vont mettre à mal la plan si bien prévu (une poche à eau qui se met à fuir en plein milieu du trail ou des serveurs qui refusent de démarrer après une coupure de courant par exemple). Et même si on avait anticipé l’existence potentielle d’un de ces problèmes, on ne peut pas mettre en oeuvre tous les plans de contingence pour tous les problèmes (on ne va pas porter dans son sac une poche à eau supplémentaire, comme on ne multipliera pas par 2 tous les achats de serveurs).

 

course3Ce qui va faire la différence, que ce soit dans le trail ou la gestion de projet est donc l’adaptabilité et la capacité de réaction face à l’imprévu.

Dans les deux cas, comme le veut la loi de Murphy[2], le problème surviendra forcément au plus mauvais moment, celui où on n’aura pas de temps à lui consacrer et où on est déjà fatigué.

En cas de problème, les personnes les plus défaitistes risquent de tout simplement laisser tomber et arrêter tout effort quand l’objectif ne semble plus atteignable. Mais pour beaucoup d’entre nous, que ce soit en entreprise ou en course, ne pas atteindre l’objectif initial est certes dommage mais moins “grave” que d’abandonner complètement. Dans ces conditions, il faut se rappeler de règles simples :

  •  ne pas jeter l’éponge avant d’avoir évalué la situation
  •  estimer l’ampleur du problème et les moyens d’y remédier
  •  savoir se fixer un nouvel objectif
  •  replanifier la suite pour atteindre le nouvel objectif
  •  rester motivé même si l’objectif initial ne pourra pas être atteint
  •  savoir accepter l’aide extérieure

 

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(Grand Trail des Templiers : objectif entre 12h et 12h30 -> temps réalisé 14h18)

Grâce à une bonne gestion de crise, on peut transformer ce qui semble être un echec (l’objectif initial n’est pas atteint) en une réussite. Bien évidement, ce n’est pas une aussi belle réussite que si l’objectif était complètement atteint mais avoir réussi à finir malgré les problèmes rencontrés et avoir su gérer les incidents est une preuve qu’on peut se rapprocher de l’objectif. Lors d’une prochaine course (un prochain projet), si on su tirer les enseignements de celle qui vient d’avoir lieu, on va pouvoir améliorer les points qui ont posé problème et éviter qu’ils ne se reproduisent.

Au final, en trail comme en entreprise, il faut savoir se remettre en cause. Aussi bien pendant la course (le projet) pour gérer l’imprévu qu’après en tirant les leçons de ses erreurs. Et il ne faut jamais oublier que chaque course/projet n’est pas le dernier. Si on s’applique a s’améliorer à chaque fois, on pourra bénéficier de ce qu’on a appris des courses précédentes et espérer atteindre ses objectifs plus sereinement et de façon plus systématique.

[1] https://www.serenic.com/blog/2010/05/17/project-management-is-like-running-a-marathon/

http://www.mcwtblog.org/what-running-can-teach-you-about-project-management/

http://www.blog-projet.fr/2014/07/21/plantez-jalons-eviter-leffet-tunnel/

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Murphy

http://murphyslaws.net/

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